La réussite de l’élève passe par sa capacité à mobiliser de façon efficace ses ressources internes et externes. Qu’est-ce que l’on entend par cela ? Quelle place les TIC occupent-elles dans ces ressources ? Devrait-on intégrer les TIC dans le concept de compétence ? Cet article donne la parole à Jean Chouinard qui répond à plusieurs de ces questions. En prime, vous pouvez l’entendre en parler dans le balado de cet article.
par Louise Sarrasin
Au cœur même du programme de formation de l’école québécoise se trouve l’idée que l’élève soit actif dans ses apprentissages. Dans une entrevue accordée à Vie pédagogique, Christian Rousseau, responsable de la recherche et du développement en évaluation à la Direction de l’évaluation, de la Direction générale de la formation des jeunes, au MELS, exprimait ceci : « Si l’élève est capable de voir ce qui fonctionne ou non dans le développement d’une compétence, il sera en mesure de se donner des intentions d’apprentissage et de construire cette compétence dans une logique de progression. »
Pour viser à rendre l’élève compétent, pour mieux l’outiller, pour lui faire voir cette progression, il est nécessaire de revenir à la définition même de la notion de compétence telle qu’elle est définie dans le programme de formation de l’école québécoise (PFEQ) : « un savoir-agir fondé sur la mobilisation et l’utilisation efficace d’un ensemble de ressources ». Pourquoi ? Parce que cette définition explique avec précision que ce savoir-agir se base sur la capacité d’un élève à mobiliser tant ses ressources internes qu’externes.
Démontrer ses compétences par la mobilisation de ses ressources
Qu’entend-on par ressources internes et externes ? Jean Chouinard les décrit de cette façon : « Les ressources internes de l’élève, ce sont ses stratégies, sa façon de réfléchir, de résoudre un problème, ses connaissances, ses savoirs. Les ressources externes, ce peut être son professeur, un ami, quelqu’un d’autre, un dictionnaire, mais ce peut aussi être une aide technologique. » À l’aide d’exemples, il démontre que les TIC ont un rôle à jouer pour soutenir l’élève en difficulté d’apprentissage dans cette mobilisation : « La synthèse vocale, la reconnaissance vocale, le correcteur orthographique, la prédiction de mots, les crayons numériseurs et une panoplie d’outils peuvent servir à des enfants pour les accompagner. Ce sont là des ressources externes ».
En mobilisant ses ressources externes, l’élève démontre ses compétences. « Si l’élève a appris en cours de route à mobiliser de façon efficace un correcteur orthographique ou une synthèse vocale pour l’aider dans la relecture de ses mots, pour l’aider à mieux lire ou à mieux écrire, eh bien, il a démontré ses compétences à le faire. Il est temps en 2009 d’en arriver à la reconnaissance que démontrer ses compétences, ce soit aussi mobiliser ses ressources externes. Si cette reconnaissance est importante pour tous les élèves, elle est essentielle pour un élève en adaptation scolaire, car c’est un élève qui, par définition, a souvent de la difficulté à mobiliser ses ressources internes. Il sera d’autant plus important pour lui de compenser cette difficulté par sa compétence à mobiliser de façon efficace ses ressources externes », explique Jean Chouinard.
En janvier 2008, la Direction de la Sanction des études annonçait avec l’Info Sanction 554 que les élèves ayant un trouble d’apprentissage seraient autorisés, sur demande de l’école, à utiliser des aides à l’écriture y compris les correcteurs orthographiques pour la passation de leurs examens en langue d’enseignement et en langue seconde. Pour Jean Chouinard, cette reconnaissance est d’une grande portée parce que, estime-t-il, c’est la première fois que les technologies sont acceptées dans un contexte d’évaluation. « Le ministère de l’éducation reconnaît que ces aides à l’écriture font partie des ressources externes que l’élève peut mobiliser pour démontrer ses compétences. Parce que c’est reconnu maintenant non plus comme une modification qui modifie les exigences d’un examen, mais plutôt comme une adaptation qui est autorisée à l’élève pour passer son examen. À mon avis, c’est un pas très important dans le domaine des technologies scolaires. »
Dans ce balado, Jean Chouinard explique l’importance d’intégrer les TIC dans la compétence TIC.
Le souhait de Jean Chouinard : que tout élève puisse bénéficier des aides technologiques dans le sens où ces aides sont des ressources externes qui font partie de la compétence. Y compris dans les situations d’évaluation.
N’est-ce pas ce que nous souhaitons nous aussi ?