Le RDVirtuel du RÉCIT 2009 : de grands pas pour la pédagogie !

Placé sous le thème RÉCIT 2.009 : retour vers le futur, le deuxième RDVirtuel du RÉCIT vient de prendre fin. Lors des matinées du 2, 3 et 4 juin, les animateurs et participants ont fait preuve d’audace en relevant les défis de la co-construction et de la collaboration à distance. Tous ont mis leurs compétences à contribution pour faire avancer la réflexion et l’action sur les façons les plus éducatives et efficaces de répondre aux besoins des élèves dans un monde en perpétuel changement. Une pédagogie d’avant-garde qui se fait en intégrant les TIC à des fins d’apprentissage et d’enseignement. Voici un premier article sur le RDVirtuel. D’autres sont à venir pour en partager la richesse.

Par Louise Sarrasin

En 2008, le RÉCIT vivait son premier rendez-vous virtuel. Pour cette première, les défis étaient grands. Comment rendre dynamique un événement qui réunit à distance plus d’une centaine de personnes ? Comment faire en sorte d’humaniser la rencontre dans un contexte virtuel ? Quelle participation peut-on espérer des gens à distance ? Quels sont les outils d’animation les plus pertinents à utiliser ? Comment transférer en classe les acquis de cette façon de travailler ? Les questions étaient nombreuses, les attentes aussi. Le RDVirtuel de 2008 a été un succès. Déjà, il a permis aux participants et aux animateurs, pour certains d’inaugurer des façons de faire pour travailler à distance, pour d’autres de peaufiner leurs pratiques.

En premier lieu, il a fallu s’approprier l’environnement de la plateforme Via, choisie pour mener à bien la rencontre. Plusieurs outils étaient mis à la disposition des présentateurs (principaux responsables de l’animation) et des animateurs : clavardage, sondage, tableau blanc, partage d’écran, téléchargement de documents, systèmes de mains levées, caméra, micro, etc.… Chacun a plongé dans l’aventure sachant que dans cette phase d’exploration et d’appropriation, il n’utiliserait peut-être pas tous ces outils, surtout dans le cas d’une première expérience. Les participants pouvaient être actifs grâce aussi à plusieurs de ces outils. Pour cette deuxième édition du RDVirtuel, le RÉCIT visait à aller plus loin dans l’exploration du virtuel à des fins pédagogiques. Les défis étaient lancés !

Plénière d’ouverture : mots de bienvenue et lancement de la session

Dans son mot de bienvenue, Sonia Sehili, la coordonnatrice du RÉCIT, a souhaité la bienvenue à tous et donné le ton à la session virtuelle en soulignant la qualité des ateliers soumis et le haut taux de participation. Elle a aussi expliqué la signification du thème très évocateur choisi par le comité de liaison : RÉCIT 2.009, retour vers le futur. Tout d’abord, le terme RÉCIT 2.009 a-t-elle précisé, vient souligner la 2e édition du RDVirtuel en mettant l’accent sur le fait que la plupart des personnes-ressources du RÉCIT plongent déjà avec intensité dans le web 2.0 et dans la coconstruction au quotidien. Et pourquoi Retour vers le futur ? Tout simplement parce que forts de l’expérience passée, le RÉCIT désire tracer la voie du futur quant à l’intégration des TIC en éducation. Enfin, parlant du moment présent, a-t-elle ajouté, le thème entend faire du RDVirtuel un lieu de rencontre conviviale pour échanger, créer, discuter, partager, innover, argumenter, collaborer et bien plus encore.

Sonia Sehili a également précisé que cette année, le RÉCIT s’est donné des défis supplémentaires : réaliser des balados pour enrichir le portfolio du RÉCIT et favoriser la participation en menant des tables rondes et des ateliers en co-construction. Le tout dans un esprit de concertation et de collaboration. Par la suite, elle a cédé la parole à Gilles Allen, directeur des ressources didactiques au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

Après avoir souhaité la bienvenue à tous à son tour, M. Allen a présenté le nouvel organigramme de la direction générale à l’enseignement (DGSE). Par la suite, il a tenu à souligner que les activités du RÉCIT sont de plus en plus reconnues au MELS et dans les commissions scolaires. Il a aussi félicité les services locaux, nationaux et régionaux du RÉCIT pour leur participation à l’animation des ateliers du RDVirtuel 09. Les retombées du RDVirtuel, a-t-il ajouté, sont de plus en plus perceptibles dans les commissions scolaires, précisant que plusieurs d’entre elles sont en train d’implanter des solutions virtuelles quant à la visioconférence. Enfin, il a présenté le nouveau Service national du RÉCIT mis sur pied pour mettre en œuvre le programme du projet intégrateur, les formations en cours données conjointement par l’équipe responsable de ce programme au MELS et le service national du RÉCIT et la participation, très appréciée, des services locaux à ces formations. Pour terminer, M. Allen a souligné les statistiques quant aux ateliers offerts lors du présent RDVirtuel, plus de 45 ateliers, et a remercié chaleureusement tous les animateurs des ateliers et tous les participants.

Premier défi : réaliser des balados pour le portfolio du RÉCIT et les tables rondes

Pour répondre au premier défi, les animateurs se sont mis à la tâche quelques semaines avant le RDVirtuel en concevant des balados que vous pouvez écouter ou visionner à cet endroit, par domaine, par clientèle ou par tous les domaines et clientèles. Plusieurs étaient familiarisés avec la production de balados, d’autres beaucoup moins. Qu’à cela ne tienne ! Les gens ont fait preuve de ténacité en les créant, développant leurs propres compétences à utiliser les TIC. L’univers des technologies est tellement vaste que les personnes-ressources ne peuvent tous les maîtriser. En risquant l’aventure, ils ont fait ce que l’on demande aux élèves et aux enseignants : accroître leur compétence TIC dans l’action et la réalisation.

Ces balados ont servi de point de départ pour la discussion menée en table ronde et animée par un ou plusieurs animateurs. Durée de l’atelier : 30 minutes. Participants : de 4 à 18 personnes. Thème : en lien avec le balado produit pour l’activité. Fait intéressant : plusieurs de ces balados peuvent être réinvestis pour partager des expériences, des activités, des logiciels utilisés à des fins pédagogiques ou tout autre projet avec les enseignants.

Les discussions ont permis de faire avancer la réflexion, car elles avaient pour assises les expériences multiples des personnes-ressources dans leur différent milieu. Avant tout, elles visaient la collaboration, l’échange et la concertation. Fait accompli !

Deuxième défi : coconstruire de manière virtuelle en ateliers

Tous étaient curieux de voir comment la coconstruction pouvait se vivre dans un contexte virtuel. Personne n’a été déçu. Il s’agit de toujours garder à l’esprit que chaque personne a un rôle à jouer pour contribuer à faire avancer la thématique de l’atelier, pour ajouter sa pierre à l’édifice. Si un animateur ou une animatrice avait besoin d’aide pour enclencher le travail de coconstruction, il devait pouvoir compter sur les participants. Dans un travail de collaboration, la responsabilité se doit d’être partagée. C’est pourquoi dans les recommandations, il avait été proposé de travailler en coopération pour mener l’atelier en octroyant des rôles, par exemple, coanimateurs, secrétaire, modérateur, gardien du temps.

La majorité des ateliers était d’une durée de 90 minutes, trois d’une durée de 180 minutes. Dès le départ, il avait été convenu que le travail se ferait de manière synchrone ou asynchrone. Pour en assurer le succès, il fallait favoriser au maximum la participation de tous. La plateforme VIA , grâce à sa panoplie d’outils, permet aux présentateurs, animateurs ou participants d’écrire sur le tableau blanc, de mener ou de répondre à un sondage réalisé en ligne, de partager des applications avec les autres, etc. Tout ceci permet une participation plus dynamique de manière synchrone.

Lorsque vient le temps de travailler de manière asynchrone, les présentateurs et animateurs peuvent demander aux participants de travailler en dehors de l’environnement VIA pour réaliser une tâche avec d’autres applications ou outils durant un laps de temps déterminé. Par la suite, tous reviennent dans VIA pour mettre en commun le travail réalisé pendant cette période de temps.

En vivant l’expérience de la coconstruction, plusieurs personnes-ressources du RÉCIT voyaient déjà les possibilités que le travail à distance pouvait offrir aux enseignants avec lesquels elles travaillaient : par exemple, planification d’activités ensemble, partage des disciplines d’enseignement à différents groupes d’élèves, collaboration avec des spécialistes en éducation d’ailleurs. D’autres imaginaient un travail de coconstruction réalisé avant l’activité par des élèves, par exemple, une collaboration d’élèves dans des classes ou écoles différentes, ou pourquoi pas, dans des pays différents. Autre exemple donné en atelier : l’organisation d’une visioconférence qui a permis à des élèves de participer à un salon du livre, une activité qui autrement n’aurait pas été à leur portée. On peut déjà voir tout le travail de préparation qui pourrait être mené en virtuel avant le salon du livre, que ce soit avec les auteurs du Salon du livre ou avec des élèves d’autres milieux. Les possibilités sont nombreuses. Les ateliers du mercredi ont permis de développer de nouvelles perspectives dans le travail en coconstruction. Ce sont d’autres pas faits pour mieux intégrer les TIC à des fins d’apprentissage et d’enseignement.

En plénière de clôture : partage de l’expertise du réseau

Le jeudi matin, un tour de table des activités qui sont réalisées en région et par les nationaux a permis à tous de réaliser à quel point le RÉCIT est actif. En plénière, chaque région et chaque service national ont fait un tour d’horizon des perspectives pour l’an prochain et exprimé leurs besoins pour la rencontre nationale du RÉCIT qui aura lieu les 5, 6, 7 et 8 octobre à Duchesnay.

Après cette présentation et le mot de la fin de Sonia Sehili, coordonnatrice du RÉCIT, on a assisté à un moment de grâce : des messages spontanés de toutes les couleurs écrits sur un tableau blanc pour souligner le départ de Suzanne Danserau et Peter Hoy, de futurs retraités. On dit souvent du virtuel qu’il est un médium froid, impersonnel. Ici, on a eu la démonstration qu’on peut personnaliser et rendre chaleureux un tel environnement. Ce sont sur ces mots très sentis et pleins d’affection que s’est terminé le RDVirtuel.

Bien préparer le rendez-vous virtuel pour en assurer le succès

Le succès d’un rendez-vous virtuel repose sur bien des facteurs. L’engagement de tous est essentiel. Il faut surmonter nos insécurités, planifier du temps pour l’événement dans notre agenda trop bien rempli, se donner le droit à l’erreur et oser se surpasser. Cet engagement, on l’a bien réalisé cette année.

Comme l’an passé, un site web a été mis en place pour répondre aux besoins des animateurs et des participants. Sur le site, on pouvait trouver tout ce qui était nécessaire à sa réussite. Ainsi, la rubrique dimension technologique visait à offrir un guide technologique pour mieux se servir et exploiter l’environnement VIA. Elle mettait aussi à leur disposition tout ce qu’il fallait pour réaliser un balado : rappel des intentions du balado, conseils techniques, ressources, etc.

Plusieurs pense-bêtes ont aussi été réalisés pour aider les personnes-ressources du RÉCIT à mieux réussir le RDVirtuel : pistes de réflexion, conseils pour les ateliers en table ronde et en co-construction, perspectives et aspects organisationnels. Des documents riches et utiles qui serviront à un réinvestissement lors des formations ou en classe.

La rubrique calendrier en bref a permis de situer dans le temps les différentes étapes menant au RDVirtuel et les trois matinées du RDVirtuel. La rubrique Construction offrait le canevas qui allait permettre de construire le portfolio/balados du RÉCIT et de proposer des ateliers de co-construction et de développement entre les différents services du RÉCIT. On y rappelait également les intentions des ateliers du mardi et du mercredi.

D’autres rubriques tout aussi utiles composent le site : présentation du comité de liaison, formation sur VIA, portfolio par domaine et clientèle regroupant tous les balados réalisés et programme du RDVirtuel. Sur l’accueil du site, on retrouve la présentation du slogan, les intentions du RDVirtuel et d’autres informations pertinentes.

Vous pouvez visiter le site RDVirtuel 09 à cet endroit.

Un RDVirtuel réussi grâce à un travail d’équipe

Le succès du RDVirtuel repose sur la collaboration et l’engagement de toutes les personnes du RÉCIT. C’est un travail de longue haleine qui demande des semaines de préparation. À regarder les résultats, on se dit que ça vaut la peine. Il faut souligner l’excellent travail du comité de liaison, de la coordination et des personnes qui l’entourent, de tous les animateurs qui ont relevé le défi et des participants qui se sont préparés aux ateliers. De tous, en somme !

Un événement tel que le RDVirtuel ne vise pas à remplacer une rencontre en présentielle. Il vise à faire connaître ce qui se fait tout au long de l’année par le RÉCIT et à présenter et à découvrir d’autres façons de profiter de la technologie pour poursuivre et bonifier le travail.

En mettant en commun les forces, compétences, initiatives, projets, façons de faire de tout et chacun, le réseau est en mesure de démontrer que les TIC, utilisés à des fins d’apprentissage et d’enseignement, répondent bien à une pédagogie avant-gardiste.

Il ne s’agit pas ici de décrire un monde idéal. Bien sûr, au moment d’un rendez-vous virtuel, la technologie peut jouer des tours (bande passante faible, rupture du lien internet, etc.), les gens peuvent être plus ou moins habiles à participer ou à animer dans un contexte virtuel. C’est là qu’il est utile de se rappeler qu’en pédagogie, le processus est aussi important ou presque que les résultats. Que l’on soit une personne-ressource du RÉCIT, une direction régionale ou toute autre personne, on fait à coup sûr un pas de plus dans son appropriation de la compétence TIC. On découvre d’autres façons de faire, on fait des essais et des erreurs, on innove, on découvre, on s’enthousiasme, on s’inquiète parfois, mais chose certaine, on avance.

Plus de 45 d’ateliers en table ronde et en co-construction(dont certains ont été répétés) ont été donnés. Plus de 125 personnes ont participé au RDVirtuel 2009. Un rendez-vous réussi à bien des points de vue.

Et si tout ce que l’on a réalisé lors du RDVirtuel traçait la voie du futur aux élèves et aux enseignants dès aujourd’hui ?