L’atelier de coconstruction du RÉCIT en arts : une collaboration réussie !

Parmi les défis du RDVirtuel 09 du RÉCIT, il y a eu celui de la coconstruction à distance en ateliers. Pour les animateurs, ce défi exigeait d’eux qu’ils fassent appel à toute leur créativité pour innover et favoriser l’interaction entre les participants. Le Service national du RÉCIT en arts a relevé le défi avec brio dans son atelier Rendez-vous avec son dessin. Un exemple parmi d’autres qui vous seront présentés dans d’autres articles.

Par Louise Sarrasin

Andrée-Caroline Boucher, personne-ressource du RÉCIT du Service national du RÉCIT, domaine des Arts, a fait preuve de beaucoup de créativité en animant l’atelier virtuel Rendez-vous avec son dessin, offert à deux reprises, 4 personnes ayant participé au premier, 9 au second. En plus d’utiliser le maximum d’outils de VIA, l’animatrice a su mettre en œuvre des stratégies qui ont favorisé le travail en coopération. Par exemple, elle a proposé aux participants de créer une murale collective sur le thème de la paix, favorisant ainsi une interdépendance positive entre eux. Elle a aussi insisté sur le fait que chaque personne était importante dans la réalisation de cette œuvre collective. En premier lieu, Andrée-Caroline a rappelé aux participants l’intention de la matinée : explorer une possibilité pédagogique de la co-construction créative à distance. Un atelier très expérimental, a-t-elle ajouté. Le ton était lancé, tous étaient là pour apprendre à coconstruire ensemble.

L’activité brise-glace et présentation du logiciel Art Rage

Comme en présentiel, il est toujours intéressant de commencer un atelier par une activité brise-glace, c’est-à-dire une activité qui permet à tous de plonger dès le départ dans l’atelier. Après avoir demandé à chaque participant de se présenter, Andrée-Caroline les a invités à dire quels étaient leurs logiciels de dessin préféré. Ce petit tour de table a permis aux participants de constater lesquels les participants utilisaient et connaissaient le plus. C’était une bonne façon d’amorcer la présentation du logiciel Art Rage choisi pour la réalisation de l’œuvre. Ce logiciel propriétaire de peinture numérique permet de faire de véritables dessins ou peintures comme si on était dans l’atelier d’arts. On comprend l’intérêt de ce logiciel pour le domaine des arts puisque des élèves peuvent explorer, découvrir, créer, leur œuvre comme s’ils étaient devant leur toile blanche.

Par la suite, l’animatrice a présenté les principales fonctions de l’interface à l’aide d’un document PDF, le partage d’application n’étant pas possible en ce moment dans un environnement MAC.

Proposition de création pour l’œuvre collective et rappel de la démarche

Une fois le tour de l’interface terminé, Andrée-Caroline a projeté sur une diapositive sa proposition de création : représenter la paix de façon abstraite. En d’autres mots, les participants avaient à réaliser un dessin sans dessin, comme certains aiment les qualifier. Palettes de couleur, pinceaux, spatules, crayons, fusains étaient à leur disposition. Avant de les lancer dans la création, elle a rafraîchi ou initié les artistes en devenir à la démarche de création, au cœur du programme en arts du primaire :

1re étape : l’inspiration : regarder l’image reçue et imaginer des couleurs, des lignes et des points en lien avec mon propos. Qu’est-ce que je pourrais choisir ?

2e étape : l’élaboration : dessiner, colorer, peindre l’image de départ reçue. Comment puis-je transformer la ligne de départ ?

3e étape : mise en perspective : observer son dessin. Comment faire en sorte que les gens sentent que l’on parle de la paix, de manière intuitive, non explicite ?

Mot d’ordre de l’animatrice : « amusez-vous en explorant les différents outils du logiciel ArtRage ! »

Étape de création personnelle : chacun à ses pinceaux virtuels !

La tâche était lancée, il fallait passer à l’exécution. À ce moment-là, chacun était amené à travailler sur sa toile virtuelle. Il devait retravailler l’image en ajoutant des détails en superposition.

Beaucoup étaient en mesure de se mettre dans la peau de l’élève à qui on demande une telle tâche et de se poser des questions analogues : suis-je assez bon ou bonne ? Est-ce que j’ai bien compris la tâche ? Est-ce que mon prof va m’aider si j’ai besoin d’aide ? Oui, Andrée-Caroline serait là, autour de la table virtuelle, pour accompagner les personnes-ressources du RÉCIT dans la démarche, si besoin était.

Les consignes données par l’animatrice et affichées sur une diapositive (un atout pour les visuels) étaient les suivantes :

  • Télécharger l’image reçue par courriel la veille.
  • Dans Art Rage : importer une image
  • S’inspirer de la ligne grise
  • Explorer les outils
  • Exporter comme une image
  • Conserver le nom de l’image
  • Donner au suivant… (Cette consigne a pu se vivre lors de la première présentation de l’atelier).

L’animatrice a donné des repères pour la suite de l’atelier. Ainsi, 35 minutes avant la fin de l’atelier, les participants devaient envoyer leur version finale. Puis tous de retour dans VIA, ils auraient à faire un bilan de l’activité.

Savoir s’adapter aux changements

Pour encourager la participation de tous, Andrée-Caroline avait choisi de demander à chaque personne d’envoyer son dessin à un autre participant. D’où l’appellation : donnez au suivant. Au moment de réaliser l’atelier lors de la deuxième plage horaire, la liste des participants avait été modifiée et le nombre de participants était différent. L’animatrice a dû s’adapter à cet imprévu très rapidement. C’est donc seulement dans la première présentation qu’elle a pu aller au bout de son idée. Deux murales collectives sont donc nées de l’activité, l’une ayant été le fruit de ce don au suivant, l’autre d’un travail fait d’abord individuellement. Tous ces dessins ont servi à produire l’œuvre collective, une pour chaque atelier.

De retour dans l’environnement de VIA, les participants avaient à visiter l’exposition virtuelle en suivant le lien affiché sur le tableau blanc par Andrée-Caroline. Au préalable, l’animatrice avait montré aux participants l’image de départ qui avait servi à créer leur dessin : le sigle de la paix. Chaque participant avait reçu une partie de ce sigle, devant s’en inspirer pour créer sur le thème de la paix.

Puis, Andrée-Caroline a présenté la murale collective réalisée par les participants, en demandant à chacun d’utiliser le surligneur pour encercler sa production. Elle a aussi présenté la murale réalisée lors de l’atelier donné plus tôt en matinée.

Vous pouvez visualiser les deux murales numériques de la paix en grand format en cliquant sur chacune des images ci-dessous :

Voici les artistes qui ont réalisé les murales :

René, Lise, Jean-Marc, Pascale-Dominique, Linda, Josée, Steve, Marie-Claire, Alain, Richard, François, Andrée-Caroline et Alain !

Clôture de l’atelier

Pour clore l’atelier, Andrée-Caroline a posé ces deux questions :

  • Comment avez-vous trouvé ce projet ?
  • Quel potentiel pédagogique y voyez-vous ?

Chaque nouvel artiste accompli a pu s’exprimer sur ces deux questions. Il en ressort que les participants ont beaucoup aimé l’expérience. Voici quelques-uns de leurs commentaires :
- On ne savait pas à quoi s’attendre : intéressant !
- Mon défi personnel : garder l’intensité de la couleur.
- Je me suis sentie comme les élèves…
- Je me suis amusée avec les textures. Ça ressemble au réel.
- J’aurais utilisé le calque pour rajouter des objets.
- Le coup de pinceau était très réaliste. J’aurais aimé avoir une tablette graphique, mais j’ai fait mon dessin avec ce que j’avais.

Avec humour, un participant a dit qu’il avait été initié en Italie avec un grand maître, d’où son coup de pinceau. Chose surprenante : son dessin ressemblait beaucoup à celui d’une autre participante : tous les deux avaient utilisé des points pour symboliser les humains. Pourtant, ils ne s’étaient même pas consultés. Quand deux génies se rencontrent… Quant à la question du potentiel pédagogique, plusieurs ont dit qu’ils voyaient l’intérêt qu’une telle activité représentait pour les élèves. Par exemple, il serait possible de faire une création collective entre différentes classes à travers le Québec. Dans un tel environnement, les élèves pourraient explorer à loisir des textures, des teintes, des formes, au pastel, à l’huile ou à l’eau.

L’atelier a pris fin sur les remerciements des participants à l’intention d’Andrée-Caroline qui a animé l’atelier d’une main de maître. Un atelier haut en couleur de 90 minutes qui a bien rempli le mandat de la co-construction.

Cet atelier vous semble inspirant ? Vous êtes invités à joindre la communauté de pratique phArts pour approfondir votre maîtrise des TIC en participant à deux nouveaux projets :

  • Artico praTIC : une formation continue virtuelle pour l’intégration des TIC en arts. Ce sera l’occasion pour vous de vous initier entre autres à une activité de dessin comme celle présentée dans cet article.
  • TRASS : propose aux élèves de vivre un ou deux projets intégrant les TIC, dans les quatre disciplines artistiques. Ils seront invités ainsi à joindre un réseau virtuel.

Pour en savoir plus sur ces nouveaux projets, nous vous invitons à lire l’article De nouveaux PhArts, rédigé par Marie-Josée Lépine et déposé sur le site du MELS.

Vous pouvez également visionner ce balado produit pour la table ronde Artico praTIC du mardi matin et visiter le site du Service national du RÉCIT, domaine des arts.

Bonne création virtuelle !